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Poète

Membre du comité de rédaction de la revue Phréatique de 1979 à 2000

Membre du PEN CLUB français

Membre de la Société des Gens de Lettres

 

Paru en 2015 : "La guerre et après"

 

LE PEN CLUB Français invite Colette KLEIN

Le mercredi 5 octobre 2016 à 18 h 45

6 rue François Miron 75004 Paris

pour son livre paru aux Éditions PÉTRA

La Guerre, et après…

qui sera présenté par Sylvestre CLANCIER

 

 

Bibliographie

Poésie :

* Ailleurs l'étoile - St-Germain-des-Prés (1973)

* A défaut de visages - St-Germain-des-Prés (1975)

* Cécités - Millas-Martin (Prix jeune poésie François Villon 1978)

* Le Passe-nuit - Arcam (1980)

* Néante aux mains d'oiseaux - G.R.P. (1984)

* Les hautes volières du silence - Gravos Press (1994)

* La neige sur la mer ne dure pas plus que la mort - La Bartavelle (1997)

* Les Jardins de l’invisible - Alain Benoit (2002)

* Les Insomnies du voyage - G.R.P. (2002)

* Le Silence du monde - Alain Benoit (2003)

* La Pierre du dedans - Alain Benoit (2005)

* Les Tentations de L.  - Alain Benoit (2009)

* Derrière la lumière - Alain Benoit (2010)

* Mémoire tuméfiée - Editinter (2013)


Prose : La Guerre, et après ... Ed. Pétra. (2015)

Nouvelles :

* Nocturne(s) - Le Guichet (1985)

Récits (inédits) :

* Cicatrices

* Pandémonium

* S'apprivoiser

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Parutions en revues :

Acilèce, Artère, Cri d'os, Envol (Canada), Evohé, Les hommes sans épaules, Jalons, Jointure, Le Journal des poètes, LittéRéalité (Canada), Noah, Phréatique, Poémonde, Poésie 1, Poésie sur Seine, Poésimage, Résurrection, Sépia, 7 à dire  …

 

En anthologies :

* Alain Breton             La vraie jeune poésie (Ed. La Pibole-Jean Gouézec 1981)

* Jean Breton              Nouvelle poésie contemporaine (Le Cherche Midi Editeur 1985)

* Pascal Commère       Des poètes pour demain la soif (Cahiers de Noah 1981)

* Paul Mari                  Prix poésie 2000 (1979)

* Anthologie Jalons      Plaise au souvenir 1983

                                   Dans un halo d'humus 1985

                                   A l'issue de ce long moment 1987

* Anthologie La Passerelle (1982-83)

 

Pièces de théâtre :

* La Récolte du feu,     donnée en lecture publique par "Théâtre à dire"

* Armande et Rosalie,  représentée au Théâtre de Ménilmontant

 

Adaptation radiophonique de nouvelles :

* Identité                     France-Culture, dans "Les nuits magnétiques"

* Ici et ailleurs              Radio Aligre

 

 Extraits

 

Il ne sert à rien de briser les miroirs : les doubles depuis toujours paressent dans la chambre des agonisants, entre la fenêtre et le gouffre, acculés ou cloués, mannequins d’étoffe noire qui grimacent sans que la nuit puisse les porter au-delà de l’aurore.

 

 

Mais abandonner tout désir, dans l’attente du vivre, ne résout pas l’énigme.

 

Une feuille de lierre posée sur leur front les désigne pour victimes.

 

Ils disent que la vie est ailleurs et même, ils l’écrivent, sur de petits papiers blancs qu’ils accrochent aux arbres. Mais les cimetières bruissent de mots inaudibles qui s’effacent, mesure après mesure, sous la lampe des morts.

 

*

 

Même les roches disparaîtront,

comme les arbres et les hommes, les livres,

le goût des fruits dans la bouche de l’automne,

la terre et le soleil …

 

Tout disparaîtra :

 

la rosace des jardins où court l’araignée entre les pépites déposées par la rosée,

toute buée,

tout fragment de lumière engrangé à l’équinoxe pour le repos de ceux qu’on enterre en hiver,

les lignes de fuite où se perchent les oiseaux de passage pour écrire une symphonie à perte d’horizon,

la nuit souveraine qui change le feu en nuages, improbable nuit qui dérive avec les mots, à la recherche d’une musique,

ces choses que la mort désorganise dans un rituel d’après-guerre …

 

Tout disparaîtra,

y compris la fougère et le chêne qui rivalisent dans la moiteur des songes

 

toute vie qui participe au délabrement

et le sens même de cette vie,

 

Tout

            disparaîtra.

 

In Mémoire tuméfiée.

 

*

 

De petits pavés entre les herbes marquent le chemin qui conduit à la douceur, à la félicité de l’être soudainement saisi par l’évidence du monde.

 

De petits pavés de neige et de pierre, qui prennent, sous les pas, l’empreinte du réel.

 

Les Jardins de l’invisible

(Ed. Alain-Lucien BENOIT – 2002)

 

*

 

 

J’avais si peur de ces rues faites pour la mort

cadenassées de l’extérieur

 

enfiévrées

J’étais l’exil même

la pierre arrachée du mur

et qui regarde le mur tomber.

 

*

 

Accomplir l’éblouissement des choses

En vue de toute mort

            factice

            improbable

 

seulement contraindre les regards

à cet amour si grand

 

à cette absorption de la vie

 

Je veux

la joie rudimentaire

le simple recueillement

            dans la passion.

 

                                               In Cécités (prix jeune poésie François Villon 1978)

 

 

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Si les morts se délabrent c’est pour donner aux vivants l’illusion de la vie.

 

Un décor de théâtre les renvoie face à face, là où seuls les oiseaux qui chahutent dans les arbres,

 

se permettent d’effeuiller le silence du monde.

 

*

 

Et si, sous la mémoire, s'infiltraient les souvenirs d'un autre. Les colères et les joies d'un double qui s'immisce, par excès de vie.

 

Et si la nuit, dans le crâne, se fragmentait en cailloux de silence.

 

Le corps qui se creuse, debout, se regarde et renonce à la traversée.

 

in Le Silence du monde